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2000
NEMMCO, un précurseur mondial

Avec Colette Lewiner,
À l’époque Directrice du secteur global Énergie, Utilities et Chimie de Capgemini

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NEMMCO, un précurseur mondial

L’ouverture à la concurrence dans le secteur de l’énergie a marqué les économies mondiales au début des années 2000. L’Australie a été le premier pays à mettre fin au monopole public. Un grand saut qui ne se fait pas sans relever quelques défis !

Une bonne façon de débuter un millénaire

Au début d’un nouveau millénaire, Colette Lewiner, à la tête du secteur Energie-Utilities de Capgemini depuis 1998, sait qu’elle lance ses équipes dans une aventure hors-norme. À l’issue d’un appel d’offres international, NEMMCO, l’opérateur du marché australien de l’électricité vient de choisir Capgemini pour développer et mettre en place un système complet de gestion de la clientèle pour son marché national. Mobilisant 50 ingénieurs pendant une année, l’affaire peut sembler banale... En réalité, elle ne l’est pas du tout.

Colette Lewiner
À l’époque « Directrice Associée, Directrice du secteur global Energie, Utilities et Chimie ».

40 000 kilomètres
La longueur totale des raccordements électriques gérés par NEMMCO en 2000

L’acte I d’une dérégulation mondiale

En ce début des années 2000, l’Australie vient en effet de donner le coup d’envoi mondial de la dérégulation dans le domaine de l’énergie. « L’Australie était le premier pays au monde à mettre fin aux monopoles publics en matière de fourniture d’énergie et à ouvrir le secteur de l’énergie à la concurrence, avant même les États-Unis, la Grande-Bretagne et les pays nordiques », précise Colette Lewiner.

« Entre 1998 et 2012, le secteur Energie-Utilities est passé de 4 à 10 % du CA de Capgemini. Entre les deux, il y a le contrat NEMMCO, une référence majeure pour le groupe. » Colette Lewiner

Il s’agissait notamment de gérer le tout nouveau marché des échanges d’électricité dans ce pays comptant 19 millions de clients, 5 000 kilomètres de lignes et ses 40 000 kilomètres de raccordements. Et NEMMCO est créé dans ce but ! « L’idée de l’autorité de régulation était de créer une plateforme unique, accessible à tous les opérateurs, dans laquelle NEMMCO faciliterait la mobilité des clients et la fluidité des échanges d’électricité », résume Colette Lewiner. L’objectif est simple : permettre à la nouvelle concurrence de contacter le consommateur final, afin que ce dernier puisse comparer les tarifs et éventuellement changer d’opérateur. C’est Capgemini qui est chargé de concevoir cette plateforme.

19 millions
Le nombre de clients australiens de NEMMCO en 2000

La loi de Murphy appliquée aux Utilities

L’affaire se révèle d’emblée complexe. Tout d’abord parce que Capgemini part d’une feuille entièrement blanche. « Ce type de plateforme était une première pour l’époque. Il fallait d’abord homogénéiser les données des différents opérateurs qui, le plus souvent, n’étaient pas compatibles. Il fallait ensuite créer de toutes pièces des procédures communes et les faire accepter par tous les opérateurs », se rappelle Colette Lewiner. Dernière difficulté, et non des moindres, la plateforme développée doit entrer – évidemment – dans un cadre juridique très contraignant : nature des informations clients mises à disposition, contraintes en matière de respect de la vie privée, règles relatives aux prises de contacts… Rien n’est laissé au hasard !

« 
Les discussions entre les opérateurs étaient difficiles et même tendues. Finalement, la tâche la plus ardue aura été de mettre tout le monde d’accord.
 »Colette Lewiner

À Sydney, où se tiennent la plupart des réunions, les choses ne sont pas toujours aussi simples que pourraient le souhaiter les équipes de Colette Lewiner. « À chaque réunion d’étape, il y avait des moments de tension entre les opérateurs. Ils n’étaient pas d’accord sur les procédures utilisées, chacun estimant que sa méthode était meilleure que celle du voisin. Les discussions étaient interminables et souvent tendues », raconte-t-elle. L’autorité du marché, compte donc beaucoup sur Capgemini, non pour gérer les tensions entre les opérateurs – ce n’est pas son rôle – mais pour débloquer certaines situations grâce à ses solutions technologiques. C’est ce que le groupe parvient à faire dans le courant de l’année 2001.

50
Le nombre de collaborateurs Capgemini mobilisés pour NEMMCO

Avoir un temps d’avance pour « vivre le futur »

La plateforme de gestion de la clientèle créée pour NEMMCO marque une étape majeure dans l’histoire du secteur Energie-Utilities de Capgemini. « Nous avions inventé une solution technique nouvelle pour la dérégulation des marchés de l’énergie : en créant de nouvelles procédures et en les faisant accepter par les différents opérateurs, le groupe était passé du statut de simple prestataire de services à celui de véritable acteur du secteur de l’énergie », sourit Colette Lewiner. Une telle réussite ne passe pas inaperçue : « lorsque d’autres pays ont ouvert à leur tour leur marché de l’énergie à la concurrence comme la Suède, le Canada et certains États nord-américains, la Plateforme NEMMCO, comme on l’appelait, s’imposait comme une référence incontournable », ajoute-t-elle.

« Avec NEMMCO, nous n’étions plus seulement un prestataire de services. Nous étions un véritable acteur du secteur de l’énergie. » Colette Lewiner

Dans le petit monde de l’énergie, aujourd’hui, Capgemini est considéré comme un groupe visionnaire. Il est l’acteur qui, le premier, s’est intéressé aux conséquences de la dérégulation. « Nous avions démarré les premiers et avons ainsi gagné une vraie légitimité. Aux yeux des industriels du secteur, nous étions devenus des spécialistes des utilities. Et c’est d’ailleurs encore vrai aujourd’hui », conclut Colette Lewiner.

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