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Vers le risque
zéro ?

Disparaître d’internet en quelques clics

Se déconnecter ? C’est facile. Disparaître de la mémoire du web ? Voilà qui est déjà plus épineux. Avec la numérisation de toutes nos activités, nous parsemons la toile d’infos très personnelles. Ce dévoilement, plus ou moins volontaire peut-il être enrayé ? Pouvons-nous vraiment exiger des archives du web le droit à l’oubli ?

Qui sème ses infos à tous vents

Chaque minute sur internet, 7 millions de snaps sont échangés, 216 millions de photos sont likées sur Facebook, 400 heures de vidéos sont téléchargées de YouTube. Et à chaque fois, c’est un petit bout de soi que chaque utilisateur laisse derrière lui. Une ligne d’information qui s’ajoute aux milliers d’autres petites traces que nous laissons allègrement sur la toile, souvent de manière consentante. Car internet a su nous désinhiber : on donne son avis sur Facebook, on précise son parcours professionnel sur LinkedIn, on partage ses photos de famille sur Instagram : c’est tous les jours portes-ouvertes sur une part de ce qui faisait avant notre intimité.

Et puis, il y a aussi toutes ces informations qui circulent à notre insu et qui continuent de flotter dans le cloud longtemps après qu’ils y soient rentrés. Rappelez-vous ce superbe selfie avec Mickey dans les rues de Disneyland il y a 5 ans… Vous l’aviez posté sur un réseau social : date, heure, lieu, type d’appareil utilisé, focale… Tout a été enregistré. Et avec un peu de chance, même Mickey a été repéré par les algorithmes de détection visuelle. Hop, dans les archives du net.

Internet n’oublie pas

Pour se rendre compte des informations personnelles que nous divulguons, il suffit d’aller faire un tour sur la rubrique « Mon activité » de Google : sites internet visités, historique des déplacements et des trajets, appareils préférés, agenda, contacts, commentaires sur YouTube… Toute votre vie numérique, ou presque, sur une seule page ! Tant que ces infos restent secrètes, pas de problème. Mais il peut y avoir des fuites. Et, bien sûr, il y a les vols pur et simple de données. Le phishing - le fait de pêcher des infos - a fait 2 millions de victimes en 2015. C’est 100 fois plus que deux ans auparavant. La cybersécurité est bien l’un des grands enjeux actuels.

Adieu net ?

Vous voulez souffler un peu ? Ou même disparaître d’internet ? Vous clamez votre droit à l’oubli ? Bon courage. Car s’il est possible de supprimer ses profils de réseaux sociaux, effacer ses traces sur la multitude de sites où l’on s’est enregistré demande de la patience et de la mémoire. Certainssont même allés jusqu’à développer une appli qui qui se révèle efficace mais limitée : les informations que vous avez transmises ne sont pas nécessairement effacées des serveurs des entreprises…

Vers la vie virtuelle éternelle ?

Dans 100 ans, si internet existe toujours, nos fantômes hanteront-ils encore les tuyaux du web ?

Pour ce qui est du présent, disparition et internet semblent encore deux termes antinomiques. Après le décès d’un proche, il est possible de transformer son compte Facebook en page « in memoriam », pour se recueillir devant sa tablette. Et des cimetières 2.0 font même leur apparition. Avec des e-tombes qui permettent de rassembler et partager les souvenirs sur le net. À l’heure du phygital, dans les cimetières américains, des tombes connectées fleurissent, avec un QR Code gravé dans le marbre pour accéder à des photos et vidéos souvenirs…

Avec les réalités virtuelle et augmentée toujours plus poussées, goûterons-nous toujours le repos éternel espéré ? Serons-nous remplacés dans un quotidien virtuel par des avatars ayant nos souvenirs partagés, nos inclinations singulières et nos habitudes de navigation sur la toile ?

C’est toute la question du droit à l’oubli, encore si difficile à mettre en œuvre, qui est reposée. Il y a fort à parier que les testaments de l’avenir auront des dispositions spécifiques précisant ce qu’il adviendra de nos corps numériques : disparition de la toile ou vie éternelle dans le cloud ?

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